CULTURE: L’AGNEAU PASCAL

L’agneau de Pâques, l’agneau pascal

Comme je suis plutôt agnostique au niveau réligieux et qu’il y a déjà bien longtemps que mes cours de catéchisme sont en grande partie oublié, je me suis un peu replongé dans la réligion ce jour, afin de relire le lien entre l’agneau de Pâques et la réligion. La culture générale est tout de même importante n’est-ce-pas. Voici un petit résumé glâné sur internet et qui peut intéresser tout le monde. 

Les sacrifices d’animaux ont été de tous temps une des base des cultes religieux : les dieux ne sont pas végétariens et semblent aimer le parfum des viandes grillées !

 

Dans la religion chrétienne comme dans la religion juive, l’agneau à une place très importante et symbolique.

L’agneau de Pâques dans la fête juive :

 À l’origine, il existait deux fêtes pour célébrer le printemps :
– le ‘Hag Ha-Pessah’ : fête de l’agneau pascal. C’est une fête pastorale dont l’origine remonte au temps où le peuple hébreu était un peuple de nomades. Le rite du sang a une valeur importante : on prenait le sang de l’agneau pour oindre le pourtour des portes d’entrée de la tente ou de la cabane. C’était un rite de protection pour détourner les mauvais esprits et protéger ainsi la famille.

Le mot pâque désignait ainsi la fête et aussi l’animal que l’on sacrifiait et que l’on mangeait. Ce sacrifice était encore pratiqué au temps de Jésus mais ne l’est plus depuis la destruction du temple de Jérusalem en 70.

– le ‘Hag Ha-Matsoth : fête du pain sans levain. C’est une fête agricole célébrée par un peuple sédentaire au début de la moisson. Le pain sans levain porte aussi le nom de pain azyme.

Dans un second temps, ces fêtes ont été associées à l’exode du peuple hébreu, du grec exodus : sortie. Selon la Bible, à l’époque des pharaons, les Hébreux vivaient en esclavage en Égypte. L’exode représente la sortie d’Égypte, la libération du peuple hébreu.

Dans la Torah, Dieu annonce le dizième fléau qui allait frapper les Egyptiens : le sang autour des portes était le signe qui allait lui permettre de reconnaître et d’épargner les Hébreux.

Le sang vous servira de signe, sur les maisons où vous serez. je verrai le sang. Je passerai par-dessus vous et le fléau destructeur ne vous atteindra pas quand je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là vous servira de mémorial. (Exode XII, 13)

Tu ne mangeras pas du pain levé ; pendant sept jours, tu mangeras des pains sans levain – du pain de misère, car c’est en hâte que tu es sorti du pays d’Égypte – pour te souvenir tous les jours de ta vie., du jour où tu es sorti du pays d’Égypte. (Deutéronome XVI)

La Pâque est donc devenue la célébration de la libération du peuple hébreu. C’est la traversée de la mer Rouge qui sépare le pays de la servitude de la terre promise. C’est le passage de l’esclavage à la liberté. C’est la renaissance du peuple d’Israël, comme le printemps est la renaissance du printemps.

Pâque, c’est le triomphe de la liberté sur l’esclavage. Pâque, c’est la fête de la libération, la fête de la liberté.

Aujourd’hui, les Juifs font une célébration familiale le premier soir: c’est le Sédèr. Et si aujourd’hui, ils ne sacrifient plus l’agneau pascal, le pain sans levain et le vin occupent toujours une place essentielle. Pas question d’avoir du levain chez soi, et encore moins d’en manger, pendant les 7 jours qui suivent la célébration de Pâque.

Sur la table, on réserve une coupe de vin au prophète Élie : c’est la Coss ‘Eliyahou. Il tient un rôle particulier car l’Ancien Testament raconte qu’il est monté au ciel (sur un char de feu…). Il n’est donc pas mort ! On peut croire à son retour qui marquera le signe d’une ère de paix et d’amour. Cette coupe est une façon de souhaiter la bienvenue à Élie, ou bien à son prochain… Traditionnellement, la porte d’entrée est ouverte ce soir là pour l’accueillir..Pour symboliser sa foi, chaque famille du peuple hébreu avait donc sacrifié un agneau avant de traverser la Mer Rouge. La dernière des dix plaies d’Egypte dont parle la Bible, prédisait que tous les premiers nés mâles seraient tués par l’Ange Exterminateur durant la nuit du 15 Nissan (premier jour de Pessa’h ). (La Pâque juive commence donc le 15 nissan : c’est le mois des épis et premier mois de l’année (selon la Torah). Le calendrier juif est lunaire : le mois commence avec la nouvelle lune. Le premier jour du mois de Nissan est celui de la première nouvelle lune après l’équinoxe de printemps. Le jour de Pâque est le jour de la pleine lune suivant (le mois de Nissan compte 30 jours). En 2008, les Juifs célèbrent Pâque le dimanche 20 avril. La fête de Pâque dure 7 ou 8 jours après cette date.)

L’agneau de Pâques dans la fête chrétienne :

L’agneau est le symbole du Christ ressuscité pour les premiers chrétiens.

Dans la Bible, l’agneau pascal fait référence au Christ, donnant sa vie en sacrifice. Jésus est le messie, l’agneau attendu, qui conduit le troupeau, les brebis de Dieu. Saint Jean-Baptiste présente Jésus-Christ comme "l’Agneau de Dieu". L’Apocalypse utilise 28 fois le mot agneau pour désigner le Christ.

L’agneau et la brebis représentent la pureté, l’innocence, la justice. Autrefois porteurs de chance, on racontait même que le diable pouvait prendre la forme de n’importe quel animal à l’e Les chrétiens célèbrent, à Pâques, la mort et la résurrection de Jésus. Cela s’est passé autour de l’an 30. A cette époque, nombreux étaient les juifs qui allaient célébrer Pâques en pèlerinage à Jérusalem. Ils sacrifiaient l’agneau au temple puis le mangeaient en famille. Jésus fait, lui aussi, ce pèlerinage. Il semble avoir été accueilli en triomphe à Jérusalem. Cependant, son état d’esprit critique envers la religion établie lui attire les foudres du clergé. Il est alors jugé par un tribunal et condamné à être livré aux Romains… pour s’en débarrasser. A cette époque, le gouverneur romain s’appelait Ponce Pilate, homme qui avait la réputation de ne pas être un tendre. Il a fait crucifier Jésus, pour répondre aux souhaits de l’opinion publique, qui se range volontiers du côté de la tradition…

Les rédacteurs des Évangiles ont toujours été influencés par l’Ancien Testament. A la Pâque juive s’est substituée la célébration de la Cène, le dernier repas que Jésus partage avec ses disciples, la veille de son arrestation. C’est devenu le principal rite chrétien.

Pendant le repas, il prit du pain, et après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit, le leur donna et dit: "prenez, ceci est mon corps". Puis il prit une coupe, et après avoir rendu grâce, il la leur donna et ils en burent tous. Et il leur a dit: "ceci est mon sang, le sang de l’alliance…" (Marc XIV, 22)

Cette cène est avant tout une allégorie. L’influence du rite juif est manifeste. Le pain et le vin étaient associés à Pâque avant la naissance de Jésus. A la coupe d’Élie s’est substituée la coupe de Jésus devenu l’agnus Dei qui prend la place de l’agneau pascal offert en sacrifice. Et l’Ascension de Jésus ne peut que rappeler celle d’Élie…

La meilleure identification provient du chapitre 53 du prophète Isaïe (verset 5 à 7) « Mais il était transpercé à cause de nos crimes, Écrasé à cause de nos fautes ; Le châtiment qui nous donne la paix est (tombé) sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie ; Et l’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. Il a été maltraité, il s’est humilié et n’a pas ouvert la bouche, Semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; Il n’a pas ouvert la bouche. »

Aujourd’hui, la mort de Jésus est célébrée le vendredi saint. Et Jésus est ressuscité le troisième jour, c’est à dire le dimanche de Pâques (dans l’Antiquité le premier jour compte pour un jour ! le lundi de Pâques est férié en France et en Belgique mais n’a aucune signification religieuse : simplement pour se reposer !)

Quand Jésus est-il mort ? les Évangiles se contredisent. Il n’est pas exclu que Jésus ait été crucifié quelques jours après la Pâque juive et non le jour même (comme l’atteste les trois premiers évangiles) ou la veille (comme le prétend le quatrième évangile).

Non seulement chaque évangile présente une version différente des faits, mais encore certains passages ont été ajoutés par la suite: les derniers versets de l’évangile de Marc n’existent pas dans les premiers manuscrits et le dernier chapitre de l’évangile de Jean provient d’un autre auteur…

Cependant, la vérité historique importe peu. Le Nouveau Testament donne à la Pâque juive un nouveau sens. La lecture littérale de la Bible permet de croire que la résurrection est l’annonce d’une vie après la mort. La croix devient alors le signe du passage de la vie de servitude à une terre promise… au ciel.

Mais il existe une autre lecture de la Bible. Il ne s’agit pas de prendre la résurrection de Jésus au sens propre mais au sens figuré, non au sens littéral mais au sens spirituel. Ce n’est pas le corps mais l’esprit de Jésus qui est vivant. Eternellement. La croix est le symbole de la résurrection: l’avènement
d’une vie où règne l’esprit de fraternité. C’est le triomphe de l’amour sur l’égoïsme. C’est l’espérance d’une vie spirituelle. Ici et maintenant. Et cela dépend avant tout de notre volonté ! .

Le jour de Pâques a été fixé lors du concile de Nicée (aujourd’hui İznik, en Turquie), en 325. Le jour de Pâques a lieu le premier dimanche après la pleine lune qui suit le 21 mars.

(Pourquoi le 21 mars ? En fait l’équinoxe de printemps était fixé, à l’origine, dans le calendrier julien (établi sous Jules César), le 25 mars (le jour du solstice d’hiver a alors lieu le 25 décembre qui deviendra Noël). Mais à l’époque du concile de Nicée, en 325, on observe que l’équinoxe tombe le 21 mars. La différence de 4 jours s’explique par l’erreur du calendrier julien qui sera corrigée avec l’adoption du calendrier grégorien (l’équinoxe tombe en effet à la fin du Moyen Âge le 11 mars). En réalité, le jour de l’équinoxe varie et peut avoir aussi lieu un 20 mars ou un 22 mars.)

En 2008, l’équinoxe de printemps a lieu le 20 mars et le premier jour de la pleine lune, le 21 mars.

Pour l’église orthodoxe, le calcul est différent. D’abord, elle n’a pas reconnu la réforme du calendrier proposé par le pape Grégoire XIII (d’où le nom de calendrier grégorien) en 1582. Il y avait alors un décalage de 10 jours à cette époque, qui s’est accru : il est aujourd’hui de 13 jours. Ce décalage est toujours en vigueur pour calculer la date de Pâques. Pour la célébration de Noël, c’est différent : les orthodoxes russes ont conservé ce décalage et célèbrent Noël le 7 janvier alors que les orthodoxes grecs fêtent Noël, comme les occidentaux, le 25 décembre.

D’autre part, l’église grecque fixe la pleine lune en fonction de calculs réalisés il y a plusieurs siècles et qui ne sont plus exacts. Il y a alors un second décalage : la pleine lune orthodoxe a lieu 4 ou 5 jours après la pleine lune réelle.

En 2008, les églises d’occident célèbrent Pâques le dimanche 23 mars, les églises d’orient, le dimanche 27 avril.

En 2010, 2011 et 2014, les églises d’orient et d’occident célèbreront Pâques le même jour.

Qu’est-ce-qu’ils aiment bien compliquer les choses n’est-ce-pas !

Étymologie de Pâques À l’origine c’est un mot hébreu pèsah dont la racine semble être la même que le verbe passer employé dans l’Exode, lorsque Dieu déclare aux Hébreux : Je passerai par-dessus vous et le fléau destructeur ne vous atteindra pas (voir ci-dessus). Si l’anglais traduit Pâques par Easter, la Pâque (juive) se dit Passover (du verbe to pass over : passer par-dessus). En grec, le mot hébreu a été transcrit Πάσχα d’où le latin Pascha.
paschalis  : pascal, relatif à Pâques
À ne pas confondre avec un autre mot latin :
pascalis : qu’on fait paître, du verbe pasco (faire paître), d’où pastor (berger) qui a donné en français pâtre (de même sens) et pasteur (au sens figuré).
Ainsi, en latin on distingue :
agnus pascalis, c’est l’agneau que l’on fait paître
agnus paschalis, c’est l’agneau pascal que les Juifs mangent le jour de la Pâque ; au sens figuré, c’est Jésus sacrifié.
L’accent circonflexe sur le a remplace le s : pasques > pâques (cf. pastre > pâtre). En français, on distingue :
la semaine Sainte qui précède Pâques, à partir du dimanche des
Rameaux, appelés aussi Pâques fleuries)
la semaine de Pâques, après Pâques (à partir du dimanche de Pâques, jour de la Résurrection)

Pâques a donné son nom à un prénom, Pascal, à une île, l’île de Pâques, découverte le jour du même nom… et à une fleur : la pâquerette qui fleurit à Pâques

Pâques germaniques

allemand : Ostern
anglais : Easter

Ces noms n’ont rien de juif ou de chrétien : ils sont profondément païens ! Selon Bède, auteur né en Angleterre au VIIIe siècle écrivait : le mois d’avril se nomme Eosturmonath d’après le nom de la déesse Eostre dont on célèbre la fête en ce mois (De Tempore Ratione , XV). Il existe donc une déesse dans le panthéon germanique nommée Eostra ou Ostara qui aurait donné le nom de Easter (en anglais) ou Ostern (en allemand).

Cependant, excepté ce témoignage de Bède, il n’existe aucune source qui témoigne de l’existence de cette déesse ; ni culte, ni rite.

 Et les cloches et les œufs de Pâques alors ?

 Chaque fête a ses spécialités : la bûche de Noël, les œufs de Pâques. En France et en Europe occidentale, la tradition des œufs de Pâques est récente. Cette tradition remonterait à l’Antiquité. Déjà, les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints au printemps car ils étaient le symbole de la vie et de la renaissance. L’Église ayant instauré au IVe siècle l’interdiction de manger des œufs pendant le Carême et les poules continuant à pondre, les œufs pondus depuis le début du Carême – n’ayant pas été mangés – étaient alors décorés et offerts. De nos jours, le jeûne n’est plus observé aussi strictement mais la tradition d’offrir des œufs, y compris en chocolat, est restée.

En France, ce sont les cloches qui apportent les œufs de Pâques. Autrefois, on n’avait pas de montres : les cloches des églises permettaient de connaître l’heure. Or, elles cessaient de sonner le vendredi Saint, jour de la crucifixion de Jésus et se remettaient à sonner le dimanche, jour de la résurrection. On racontait alors que les cloches partaient pour Rome… et revenaient le dimanche avec des œufs de Pâques.

Dans les pays germaniques, c’est le lièvre qui apporte les œufs de Pâques.

En Allemagne, Belgique et en France, le repas de Pâques est souvent l’occasion de partager un rôti d’agneau accompagné de flageolets. Rappelons que les haricots venant d’Amérique, il ne s’agit donc pas d’une tradition très ancienne.

Mouton de l’Aïd el Kebir

L’agneau est associé étroitement à la religion juive, puis à la religion chrétienne mais également à l’Islam, depuis le sacrifice d’Abraham (Bible : Genèse – 22). Pour l’éprouver, Abraham reçut de Dieu l’ordre de sacrifier son fils, Isaac (juifs, chrétiens) / Ismaël (musulmans), au lieu de sacrifier le traditionnel agneau. Docile et fidèle, Abraham accepta ce sacrifice. Un ange l’arrêta à la dernière minute et lui demanda de remplacer son fils par un bélier prisonnier d’un buisson..

L’agneau est donc de toutes les fêtes réligieuses. Les juifs, avant le départ d’Egypte, ont égorgé le mouton et l’ont fait rôtir. Les musulmans égorgent le mouton, pour commémorer le sacrifice d’Abraham, au moment de l’Aïd el Kebir (grande fête) ou Aïd el Adha (fête du mouton). Les chrétiens (catholiques et orthodoxes) mangent l’agneau le jour de Pâques.

En Alsace, au 19e siècle, l’agneau pascal est peu à peu remplacé par un gâteau cuit dans un moule en terre cuite en forme d’agneau : l’Oschterlammele ou Osterlemmele.

Bien à vous,

4 réflexions sur « CULTURE: L’AGNEAU PASCAL »

  1. je peux dire que cela m’a fait du bien de revoir mon cathéchiste je dirai que ce documentaire valait le coup de s’atarder merci pour ce moment particulier

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  2. Merci à internet surtout, qui m’a permis de rapidement trouver les informations et les regrouper à ma sauce. Content que ce petit billet culturel vous ait intéressé. En tout cas moi j’ai (ré)apris pas mal en le postant.

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